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Législatives : risques graves en l’absence d’une monarchie parlementaire

6 novembre 2011

Rabat, le 6 novembre 2011

Communiqué de la

Coalition pour la Monarchie Parlementaire Maintenant

A l’occasion de la préparation des élections législatives au Maroc :

L’ajournement de l’édification d’une véritable monarchie parlementaire expose le pays à des risques graves

Le changement démocratique au Maroc demeure une exigence première. Une monarchie parlementaire effective est l’unique manière de marier monarchie et démocratie. Et tant que le Maroc n’aura pas réalisé cette mue, il demeurera un pays autoritaire, à la gouvernance médiocre, à la gestion opaque, aux partis politiques marginaux, aux élections factices , aux institutions de façade, à la justice non crédible, à la confiance populaire très faible, à la participation populaire non significative. Le choix et la sanction populaires des gouvernants y resteront inopérants () où l’impunité des responsables de détournement et de dilapidation de deniers publics ou de crimes contre les droits des personnes et de la collectivité bénéficieront de l’impunité.

Le Maroc est capable de réussir la transformation démocratique à moindres coûts, tant que les milieux protestataires garderont l’espoir que le changement pacifique n’est pas fondamentalement remis en cause. Depuis le 20 février 2011, la répression, la corruption de masse, les mesures en trompe-l’œil, les concessions sujettes à retournement, l’accaparement des espaces de décision ont largement entamé la confiance qui pouvait s’installer. Le comportement primaire des autorités et de leurs affidés à l’occasion de la consultation référendaire du 1er juillet a aggravé la situation. Et le choix de continuer de décrédibiliser le processus électoral aggrave la tendance.

Les élections continuent d’être supervisées par le même appareil administratif et sécuritaire qui est passé maître dans la maîtrise et la manipulation des élections. Le système de découpage électoral permet aisément d’écraser l’émergence des élites politiques naissantes grâce aux notables et aux barons de la drogue. La place politique continue d’être polluée par des partis politiques créés et alimentés par leur seule inféodation au pouvoir et les rentes qui en découlent. Les élections annoncées pour le 25 novembre 2011 ne présagent donc rien de bon pour le renouvellement des élites, l’épuration de la scène politique, la crédibilisation des processus et des institutions et la mise en place des conditions minimales pour un début de fonctionnement normal (c’est-à-dire autonome, compétitif et représentatif) du gouvernement et du parlement.

Il convient que les véritables décideurs du pays assument leurs responsabilités face à cette situation. Certes, le processus électif va créer de l’animation et occuper l’espace pendant quelques semaines. Mais il ne manquera pas d’arriver à son terme, avec un système visiblement manipulé, des institutions décrédibilisées, des élites sans identité ni valeurs, un fonctionnement qui ne maquera visiblement pas de rupture avec l’ordre ancien et actuel. Cela se passera au moment où les caisses de l’Etat ne pourront plus supporter les dépenses insupportables engagées pour calmer la rue. Et nous arriverons très rapidement à la conjonction entre aggravation de la crise économique, assèchement des effets des mesures antalgiques et cosmétiques visant à calmer les attentes de la population, et frustration de voir les institutions fonctionner selon les modes archaïques et avec les cadres et personnels éculés que la rue n’a eu de cesse de condamner depuis des lustres, par le boycott puis par la dénonciation publique.

L’année 2012 et la suivante seront certainement très dures. Quiconque gouvernera le pays sera acculé à prendre des mesures de correction et éventuellement à lancer un effort national de redressement très lourds. Quiconque sera considéré comme responsable de la gestion de l’Etat en paiera un prix lourd en réputation, image et sympathies. Ce prix sera d’autant plus grand si ceux perçus comme décideurs de l’heure sont aussi tenus pour responsables des années antérieures. Il serait donc grave d’exposer la monarchie à cette évaluation, et nécessaire pour tous et pour la stabilité du pays que l’ensemble des acteurs de la place acceptent d’assumer sa sortie claire et nette de l’espace de décision publique. Et pour cela, les priorités demeurent d’abroger les dispositions constitutionnelles rétrogrades, de garantir une compétition électorale saine entre partis et non entre notables, et de promouvoir la transparence, la reddition des comptes et la fin de l’impunité dans la gestion des affaires de l’Etat.

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One Comment leave one →
  1. 6 novembre 2011 13:52

    https://infocus.credit-suisse.com/data/_product_documents/_shop/325362/csri_regime_change.pdf

    Les chiffres ne mentent pas. Encore des annees perdues par le Maroc …

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